Afghanistan : le secrétaire général de l’ONU plaide pour un dialogue avec les talibans, dans un but humanitaire

0
Afghanistan : le secrétaire général de l’ONU plaide pour un dialogue avec les talibans, dans un but humanitaire

Depuis que les talibans ont pris le pouvoir sur la quasi-totalité de l’Afghanistan, mi-août, la communauté internationale s’applique à dire que la relation avec leur gouvernement dépendra du « comportement des talibans » sur le terrain, notamment dans leur application de la charia.

Jusqu’ici, les décisions prises par les talibans, notamment à l’égard des étudiantes ou des femmes qui font du sport, n’augurent d’aucun respect des libertés des femmes. Pourtant le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est allé jusqu’à plaider jeudi, lors d’un entretien avec l’AFP, pour que la communauté internationale entretienne « un dialogue » avec les talibans en Afghanistan. C’est, selon lui, la condition indispensable pour continuer à aider la population afghane, dont la moitié a besoin d’une aide humanitaire pour survivre, alors que la « dégringolade économique » du pays pourrait causer « des millions de morts » de faim.

« Jusqu’à présent, dans les discussions que nous avons eues, il y a au moins une réceptivité pour discuter », a assuré M. Guterres, qui n’exclut pas de se rendre un jour en Afghanistan si les conditions sont réunies.

Plusieurs manifestations ont été annulées jeudi à Kaboul

L’émissaire de l’ONU en Afghanistan, Deborah Lyons, a tenu le même discours jeudi devant le Conseil de sécurité : la communauté internationale doit maintenir les flux d’aide vers l’Afghanistan, sinon le pays subira une « grave récession économique qui pourrait entraîner des millions de personnes dans la pauvreté et la faim, et pourrait créer une vague massive de réfugiés », a-t-elle prévenu.

Elle a exhorté les talibans à « démontrer qu’ils cherchent à créer un Afghanistan où les gens ne vivent pas dans la peur ». La situation sur place est pourtant alarmante, au regard des inquiétudes de la communauté internationale. « Il y a des allégations crédibles sur des meurtres de représailles de membres des forces de sécurité et de détention de responsables ayant travaillé pour de précédents gouvernements », a raconté Deborah Lyons. Elle a également affirmé que les ONG soutenant les femmes étaient prises pour cible et que le personnel afghan des Nations unies était harcelé et intimidé.

Mercredi, le nouveau gouvernement taliban – constitué d’anciens « durs » qui ont dirigé le pays d’une main implacable de 1996 à 2001 – a restreint la liberté de manifester. Tout rassemblement doit désormais être autorisé à l’avance par le ministère de la Justice et le décret ajoute qu’aucun ne l’était lors de sa publication. Résultat : plusieurs manifestations ont été annulées jeudi à Kaboul et le dispositif de sécurité a été musclé sur les grandes artères de la capitale, avec notamment des membres des forces spéciales en treillis.

Ces derniers jours, plusieurs rassemblements de centaines de personnes pour la défense des libertés, donc de défiance à l’égard des talibans, ont été dispersés par des combattants armés talibans, notamment dans la capitale Kaboul, à Mazar-i-Sharif (Nord), Faizabad (Nord-Est) et Hérat (Ouest), où deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées par balle.

Nous serions ravis de connaître votre avis

Laisser un commentaire

My Blog
Logo
Compare items
  • Total (0)
Compare
0
Shopping cart